Garibaldi : Premières impressions

Publié le par Gorthyn

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__004.jpgTout fraîchement ramené du salon d'Essen, j'ai bien failli rentrer d'Allemagne sans vraiment avoir eu de coup de coeur.

Et ça, c'est toujours un peu frustrant vu la profusion de jeux proposés !

Aussi, quand dimanche matin je me suis arrêté sur le stand de Nexus devant Garibali-la Trafila, suite à de bons échos de mes amis Dijonnais qui l'avaient essayé sur 6 tours (une partie en compte au maximum 30) la veille au soir avant la fermeture des portes, j'ai pris le temps de me faire expliquer la teneur du jeu.

Après une quarantaine de minutes passées sur le stand à comprendre l'essence du jeu, à discuter un peu avec l'auteur qui est un ferru d'histoire, je me suis laissé aller à son acquisition en nourrisant de bons espoirs dans cet achat. Et je crois que je peux être dorénavant rassuré après quelques parties.

Où met-on les pieds ?

Alors, de quoi il en retourne ? Garibaldi, c'est un jeu de type « tous contre un », dans la lignée d'un Scotland Yard, mais pas que... En effet, dans Garibaldi, les enquêteurs cherchent aussi à attraper un fuyard. Ici aussi, le fuyard n'est pas matérialisé sur le plateau : le joueur qui incarne Garibaldi note ses déplacements sur une feuille derrière un paravent (reprenant d'ailleurs le plateau afin qu'il puisse noter/réfléchir sans avoir la crainte qu'on relève les endroits du plateau où ses yeux se posent... Pas de casquette à la Mr. X donc !).

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__025.jpgL'objectif est simple : pour Garibaldi, atteindre l'un des points de fuites (situés globalement à l'opposé du plateau où son pion est débarqué aléatoirement en début de partie sur 5 cases possibles), et ce, en moins de 30 tours. Pour les autrichiens, ce sera évidement d'empêcher Garibaldi d'atteindre son objectif : soit en le ralentissant pour dépasser la barre des 30 tours, soit en l'arrêtant tout simplement (pour cela, il suffit qu'à la fin d'un tour, un des 5 pions de patrouille Autrichienne soit sur la même case que Garibaldi).

De la comparaison avec ces prédécesseurs...

Les différences d'avec Scotland Yard sont diverses, mais la principale de mon point de vue est qu'à tout moment, il est possible de voir apparaître « des traces » du passage de Garibaldi.

En effet, à chaque fin de tour (Garibaldi joue en premier, puis les joueurs incarnant les autrichiens jouent chacun leur tour), Garibladi doit indiquer si les patrouilles autrichiennes (au nombre de 5 quelque soit le nombre de joueurs) se trouvent sur un lieu où lui-même est passé dans les 4 derniers tours. Si tel est le cas, un marqueur est placé sur le plateau à l'endroit en question (et y restera tant qu'une patrouille sera encore sur la case).

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__018.jpgDans Scotland Yard, de mémoire, il s'agit d'apparitions programmées dans le jeu. Entre ces programmations d'apparitions, c'est le black-out total. Sur cet aspect, je trouve Garibaldi nettement plus agréable et logique, en empêchant de surcroît d'avoir des tours trop nombreux « à vide ». De plus, à chaque fin de tour,  il y a le petit suspens qui tue au moment solennel où l'on se retourne vers Garibaldi pour lui demander si des traces ont été trouvées... Le cas échéant, si au bout du 8ième tour aucune trace n'a été découverte, la règle stipule que Garibladi est obligé d'indiquer une trace (toujours parmi les 4 derniers tours joués), ceci afin que la partie ne tourne pas court d'une part, et qu'elle ait un minimum d'intérêt pour les autrichiens.

Puisqu'il m'a été posé la question sur le forum Tric-Trac, je vais tenter de vous éclairer sur Garibaldi par rapport à « Fury of Dracula », bien que je n'ai pas joué à ce dernier, mais j'ai un peu regardé de quoi il en retournait...

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__027.jpgAlors dans Garibaldi, les joueurs incarnant les autrichiens n'ont pas de personnages ayant de pouvoirs spécifiques. Chaque joueurs choisi un groupe de patrouille (il y aura toujours 5 patrouilles dans la partie, mais si on ne joue pas à 6 joueurs, certains dirigeront plusieurs patrouilles selon une répartition prévue dans la règle). Quelques soient les Patrouilles manipulées, les actions possibles seront exactement les mêmes. Seules les couleurs des pions différeront afin d'identifier la répartition des groupes à gérer dans le cas où l'on est moins de 6 joueurs.

En outre, il n'y a pas de combat pour remporter la victoire une fois le fuyard localisé/rattrapé. Le système est très simple : si à la fin d'un tour Garibaldi se trouve sur la même case qu'une patrouille, Garibaldi a perdu, tout simplement. Il s'agit donc ici uniquement d'un jeu de traque, de déduction, d'hypothèses à recouper en fonction de différents indices... Et non pas d'un jeu avec un tirage de dés, de calcul de pouvoir, de force, pour donner l'issue d'un quelconque combat. Ici, il ne s'agit que de traque, d'un colin-maillard mouvant en quelque sorte ;-)

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__023.jpgDes indices pour un jeu de déduction / enquête, c'est dingue non !?

Mais quels sont les différents indices permettant d'orienter les recherches des Autrichiens ? En fait, la carte propose 3 types de chemin : bleu (réservé uniquement aux barques), vert (réservés uniquement à la marche à pied), et blanc (réservé soit aux chevaux, soit aux déplacements à pied). Chaque joueur dispose de cartes dans sa main (dans les règles de base : 4 pour Garibaldi, et 5 pour chaque joueur autrichien). Ces cartes sont de deux types.

Premier type de carte : il s'agit des cartes déplacement (avec une icône correspondant : marche  / cheval / barque) permettant d'emprunter le chemin adéquat précédemment évoqué : Garibaldi pose sa carte et révèle donc aux autrichien quel type de chemin il vient d'emprunter, mais évidement, on ne sait pas où sur la carte. La prise de note côté Autrichien est, comme tout bon jeu de déduction qui se respecte, le point clé pour parvenir à faire des hypothèses de parcours de Garibaldi afin d'orienter la traque de manière efficace, avec parfois / souvent, la part d'incertitude qui vous rongera jusqu'au tour où vous devriez en toute logique avoir débusqué une satanée trace... Quand c'est le cas, c'est très jouissif pour les Autrichiens (moins pour Garibaldi me semble-t-il ;-). Par contre, quand ce n'est pas le cas, il y en a un qui se marre comme pas possible, et tous les autres qui sont pris de stupeur, ne comprenant pas comment cela est possible, remettant à plat leurs hypothèses... Ca va bouillir dans la cafetière, c'est sûr !

L'image “http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__009.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Second type de carte : des cartes événement qui vont en général perturber le plan adverse en forçant à se défausser de X cartes, ou bien encore de se défausser de toutes les cartes déplacement d'un type précis, etc...

En laissant parfois le choix à Garibaldi de ne pas se laisser faire mais en contrepartie, indiquer une fameuse trace (toujours dans les 4 derniers tours écoulés).

Un choix souvent très dur pour Garibaldi : laisser des traces, c'est plutôt rude, mais détruire un peu sa main de carte n'est pas terrible non plus car refaire sa main ne se fait qu'en fin de son tour. Autrement dit, si les autrichiens lui font défausser des cartes, il jouera son prochain tour uniquement avec les cartes lui restant en main. Du coup, il va falloir faire des choix du genre « marche ou crève », car le salut ne sera pas forcément le chemin le plus court, loin de là. Mais avancer plutôt qu'être immobile un tour est parfois salutaire, surtout quand les patrouilles sont sur vos talons... Les cartes événements, une fois jouées, sont retirées du jeu (sauf rares exceptions).

Bref, ça ne chamboule pas à tout va au point de devenir complètement chaotique, mais ça met une bonne pression à Garibaldi de se retrouver dans des situations délicates tout de même. De plus, lors d'un tour, les autrichiens ne peuvent jouer au plus qu'une seule carte événement. Au pire, si vous estimez que cela est tout de même trop fort, la règle prévoit des aménagements du nombre de cartes tenues en main par Garibaldi et les Autrichiens (pour contrebalancer ces pouvoirs de défausse). Mais comme chacun le sait, un jeu de déduction / enquête est bien entendu difficile à régler  / équilibrer. Et là finalement, les joueurs eux-mêmes pourront ajuster aisément à leur guise, en fonction de leur propre capacité, ce qui est plutôt bien !

Hasard & répartition des cartes...

Les cartes sont partagées en deux : la partie rouge pour Garibaldi, la partie Blanche pour les Autrichiens. Il s'agit donc de la même pioche / défausse utilisée pour tout le monde.

En terme de répartition des cartes, Garibaldi dispose de 21 cartes marche à pied, 12 cartes bateau, 10 cartes cheval, et de 12 cartes événements. Pour les Autrichiens,  il y a 22 cartes cheval, 16 cartes marche à pied, et 6 cartes barque (z'aiment pas l'eau les autrichiens ou quoi !? ;-), et 8 cartes événement qui semblent par contre plus fortes que celles de Garibaldi.

L'image “http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__015.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.Là encore, si vraiment certains font la tronche devant des pouvoirs qu'ils estiment trop puissants, je pense qu'il y a moyen facilement de mettre d'écart certaines de ces cartes. Bref, de customiser encore aisément le jeu à la convenance de chacun. Mais personnellement, en l'état, tant que les statistiques ne m'auront pas démontré que nous sommes des truffes en tant que Garibaldi, je continuerai d'appliquer les règles de base.

Le plateau...

La topologie de la carte me semble intéressante. Il y a des zones privilégiant tel type de déplacement, voir exclusivement réservées à un seul type : cela permet aux Autrichiens de pouvoir planter leurs hypothèses sur quelques bases en fonction des cartes déplacement que Garibaldi joue. Pour les Autrichiens, il faudra bien gérer la notion de « filet » mis en place par les patrouilles. Une bonne entente est obligatoire pour espérer l'emporter de ce point de vue là. Les autrichiens ne doivent faire évidemment ne faire qu'un dans les cogitations, et ne pas se sentir en retrait même si leur patrouille est un peu plus à l'écart du coeur de l'action (où Garibaldi semble se trouver)... Car cela peut avoir vite fait de partir en quenouille si Garibaldi réussi à passer au travers des mailles, et là, on sera bien content d'avoir la patrouille qui était un peu en retrait...

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi__014.jpgDes illustrations...

L'auteur est plus que branché histoire. Du coup, on sent bien qu'il veut se servir du vecteur jeu pour porter cette partie de l'histoire située en l'an 1849. Le plateau, pour reparler un peu de lui, est une réplique exacte des cartes de l'époque.

Les cartes comportent chacune un événement correspondant à une date donnée, autour de l'histoire de la fuite de Garibaldi. Cela ne sert à rien pour la mécanique même du jeu, mais encore une fois, on sent la volonté de l'auteur à vouloir faire partager sa passion...

La boite est l'oeuvre du peintre Pierre Bouvier (Musée du Risorgimento, Milan) illustrant la mort d'Anita. Personellement, je trouve que le tout imprime une identité forte et très personnelle à ce jeu. Et finallement, l'objectif de nous intéresser à l'histoire de cette manière est peut être une très bonne chose... Bref, tout ce que j'aime en quelque sorte.

Alors, ça donne quoi au final ?

C'est vraiment une ambiance tendue et survoltée côté autrichiens alors que côté Garibaldi, on joue complètement dans le silence, dans le feutré. En tant que Garibaldi, sentir que les adversaires font des conjectures très justes, éliminant peu à peu les hypothèses non vérifiées par un nouvel indice, la tension monte et il faut pourtant savoir rester impassible pour ne pas donner d'indice de part son attitude.

Que l'on soit 2 ou 5 Autrichiens, on joue tous ensemble de concert. On attend que Garibaldi ait fini de jouer pour tirer des plans sur la comète de comment il faut agir pour ce tour. Du coup, que l'on ait un pion proche de Garibaldi ou non, l'important est de pouvoir participer à l'élaboration des hypothèses et à la mise en oeuvre d'un plan de traque adapté. Pour Garibaldi, entendre les autrichiens échafauder leurs plans met une bonne pression, ou bien rassure (Garibaldi jubile alors intérieurement ;-). Nous avons effectué des tours où les autrichiens ont discuté près de 15mn tout de même ! Après, libre à chacun d'instaurer le cas échéant un temps de tour maximum. Mais en tout cas, personne ne s'est ennuyé nous concernant ! ;-)

http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/g/garibaldi/garibaldi--040.jpgComme beaucoup jeu de déduction / enquête, côté "traqueurs", tout l'intérêt va consister à être capable de proposer des hypotèses de déplacement de Garibaldi à partir des types de mouvement que révèle ce dernier à son tour de jeu. Sans une certaine rigueur dans la notation et un minimum de sens déductif, la partie peut évidement sombrer dans un jeu sans saveur où tomber sur une des traces de Garibaldi relèverait uniquement de la chance. A moins que certains limiers la jouent au feeling... A chacun sa méthode ;-)

A tout point de vue, Garibaldi rempli bien sa mission : nous divertir en proposant un système de jeu qui prouve qu'il reste encore des chose à explorer dans le domaine, notamment en introduisant cette notion originale de traces laissées derrière le fuyard qui, recoupées au type et nombre de ses déplacements, permettent d'échaffauder les hypothèses de recherche.

Voilà pour le moment. Nous avons fait nos 2 premières parties d'affilée le même soir, parce qu'à la fin de la première, on avait tout simplement envie de remettre de suite le couvert. Les débriefings peuvent être longs parce que côté Autrichiens, on veut savoir si on est passé très près, ou si on planait à 15.000. Côté Garibaldi, on cherche à expliquer les coups du sort qui peuvent avoir malencontreusement flingué une issue qui nous semblait atteignable, etc... Du vrai bonheur pour les amateurs du genre.

A ce sujet (pour le debriefing), lors de ma prochaine partie, je crois que je prendrai une photographie à chaque fin de tour afin de pouvoir illustrer le déroulement de la partie et reconstituer lé déroulement de la traque ;-).

Publié dans Premières Impressions

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Damien 24/02/2009 15:38

J'ai acheté ce jeu et je le trouve vraiment excellent.
J'ai une préférence pour jouer à 2 car à 3 ou plus, plusieurs joueurs jouent les troupes autrichiennes et ca peut être moins intéressant.

Mais vraiment, je le recommande...

kyojin 19/10/2008 20:47

merci pour cette complète revue du jeu et de partager tes sensations.
A partir de combien est il intéressant de jouer ?

Gorthyn 19/10/2008 22:34


Comme évoqué dans l'article, quelque soit le nombre de joueurs, il y aura toujours le même nombre de pions autrichien (sans compter Garibaldi qui n'est pas matérialisé sur le plateau).

Plus il y a de joueurs autour de la tables, plus il y a de cerveaux pour l'équipe des autrichiens, plus ça bouillonne... mais les actions restent au même nombre ;-)

Bref, en terme de "structure" du jeu, cela reste totalement identique, et je dirais, peut importe : cel reste toujours aussi intéressant quelque soit le nombre de joueurs.

La grosse différence que j'y vois cependant, c'est à 2 joueurs : un seul joueur joue tous les autrichiens et du coup, le joueur incarnant Garibaldi n'entend pas toutes les réflexions / déductions
de l'équipe autrichienne. Du coup, ça plonge dans une autre ambiance, plus soft, plus tendue... C'est autre chose mais tout aussi intéressant en terme de duel psychologique ;-)

Alors qu'à au moins 2 autrichiens, ça discute beaucoup, et Garibaldi peut écouter et tenter de prendre en compte ces éléments de réflexion au prochain tour... Et les autrichiens peuvent aussi du
coup bluffer un peu : bon là, on commence à toucher du doigt à un autre niveau de jeu ;-)

Pour le moment, toutes les configurations m'ont plue et de fait, je ne saurais pas laquelle conseiller tellement je les ai trouvées chacun intéressante ! ;-)


Daev 28/12/2007 22:01

Vivement le debriefing... Vue du site, le jeu semble être beau et fort intéressant.
Etant moi-même de Dijon, j'espère le voir un jour de mes propres yeux ;) ... Mieux encore, j'espère le voir éditer en français et disponible dans toutes les bonnes boutiques...
A+ et merci. Daev.

Gorthyn 30/12/2007 03:15

Edité en Français, j'ai pas encore vraiment lu de news en ce sens.

marc 10/11/2007 11:50

très interessant , ce jeu est très tentant effectivement
il y a une forte inspiration quand même avec Dracula que j'ai beaucoup pratiqué jadis
c'est le même principe de jeu, les mêmes objectifs et Dracula laisse des traces aussi
tu devrais l'essayer si tu as aimé celui là ...
bien à toi Marco