Caylus Magna Carta : Premières Impressions

Publié le par Gorthyn

Bonjour, je me présente, je suis le schtroumph grognon, et j'aime pas les jeux réchauffés. Voilà, pour cadrer mon état d'esprit quand en général je tombe sur une sortie très affiliée à un précédent jeu.

Quand San Juan était sorti, cela avait fait réagir la communauté ludique vis à vis de son affiliation avec le non moins célèbre Puerto-Rico. On s'était alors demandé l'intérêt, la valeur ajoutée, ce qui allait justifier que l'on allait accrocher à cette version cartes d'un jeu à très grand succès. Après avoir bouffé pas mal de parties de ces deux jeux, principalement en ligne en ce qui me concerne, je joue désormais avec grand plaisir aux deux pour des raisons / envies / contraintes différentes.

Excepté pour ceux d'entre-vous qui auraient un encéphalogramme plat depuis plus de 18 mois, Caylus, on ne le présente plus. Et nous voilà désormais à côté avec un Caylus version cartes. Et du coup, on se retrouve logiquement dans le même genre de situation : qu'est ce que CMC apporte par rapport à son aîné ? Cela vaut-il la peine d'acquérir le second quand on a déjà le premier ? Se distingue t il assez, a-t-il son identité propre, et bla-bla-bla ?

Comme je me le reproche régulièrement, je pars souvent sur un a priori plutôt négatif. N'est pas schtroumph grognon qui veut. Désolé, je n'y peux rien, c'est dans ma nature d'être méfiant tellement de réchauffés (que ce soit dans le monde des jeux, mais également dans d'autres domaines artistiques) peu inspirés ont vu le jour.

Avec cette approche emprunte de sérieuses suspicions, je ne tombe pas au moins dans de fortes désillusions et me prépare ainsi à n'être qu'agréablement surpris en cas de bonnes idées recompilées.

Caylus, ce que j'en retiens personnellement, c'est une multitude de mécanismes ingénieux, très bien imbriqués, proposant des choix intéressants, se renouvelant de partie en partie (à partir du moment où les joueurs ne répliquent pas systématiquement les même schémas de constructions).

Une multitude de mécanismes donc, qui peuvent être assez indigestes si mal abordées : il est évident que se faire expliquer les règles par un joueur averti est un plus indéniable (perso, je me suis formé tout seul à partir de la règle, et en plus je me suis auto-formé en ligne : à conseillé aux maso dans mon genre). Pourtant, au final, le jeu propose une mécanique d'ensemble qui s'intègre aisément parce que très logique justement.

Un autre point de Caylus qui est à la fois une qualité et un défaut : c'est la durée de partie. Jouer 2, voir 3 heures ça peut être long. Certes, quand c'est bon, autant que ça dure. Mais parfois, on ne dispose pas forcément le temps ni l'envie de s'engouffrer dans ce gabarit de durée.

Quand je me suis attablé à CMC à la GenCon, j'ai donc cherché, comme certainement beaucoup de joueurs de Caylus, à retrouver mes repères : les points communs vs les différences. Et là, ben forcément, CMC a simplifié certains points qui peuvent perturber de prime à bord, mais surtout simplifie le tout.

A CMC, on peut principalement constater :
  • La disparition des faveurs : ça élimine une sacrée couche de réflexion et de stratégie. Mais du coup, ça accélère le jeu de ne plus avoir à gérer cette couche,
  • La disparition de l'augmentation du prix de pose des artisans en fonction du nombre de joueurs ayant déjà passé dans le tour. Ca ne simplifie pas le jeu, mais ça réduit par contre l'interaction financière (et donc la réflexion est plus simple quand au choix de s'arrêter tôt dans la phase de pose d'artisan),
  • La disparition des bâtiments spéciaux (la porte, l'auberge, l'éqcurie, le champ de joute...), et donc des actions spéciales qui en découlent : du coup, ça réduit un peu les choix et de fait, on y gagne en temps de réflexion,
  • Que les bâtiments de bois voient leur bonus plus aguicheur (possibilité de récupérer un nombre limité de cubes ressources quand un adversaire vient chez vous).
  • Les points de victoire se calculent uniquement sur les construction de bâtiment (et non plus également sur la venue de vos adversaires chez vous, ou en jouant sur la ligne de faveur des PV),
  • La possibilité de construire plusieurs fois les mêmes bâtiments (puisque chaque joueur dispose du même deck de carte bâtiment), ce qui amène encore une autre manière d'approcher la logique de construction,



L'image « http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/design-blog/yeux.jpg » ne peut être affichée, car elle contient des erreurs.Au final, qu'en est-il ?

Le joueur de Caylus est à la fois en terrain connu mais ses repères sont faussés. Il va bien falloir refaire ses armes dans ce nouveau contexte. CMC a conservé la substantique moëlle qui a fait le succès de Caylus à mes yeux : la construction des bâtiments qui influe directement sur la dynamique de la partie puisque pour rappel, ce sont bien ces mêmes bâtiments, construits pas les joueurs, qui vont déterminer les actions possibles pour les tours suivants.

Même si je n'ai pas la prétention en une partie de voir tous les axes de réflexion, on se rend tout de même compte que contrairement à Caylus, il va falloir à CMC cibler prioritairement la construction des bâtiments : ben oui, la construction au château en tant que telle ne rapportant plus de faveur, cela diminue le potentiel stratégique de cette voie.

Une seule partie ne m'aura évidemment pas suffit pour avoir un avis définitif sur l'objet, mais j'ai l'impression que je vais avoir le même genre de très bon ressenti que pour San Juan vis à vis de Puerto Rico : des mécanismes similaires sur un nombre limité de points de règle, et quelques petites simplifications / allègements doublés d'une gestion personnel d'un deck de cartes qui va évidemment apporter sa petite touche d'imprévus si agréable pour venir renouveler également le déroulement des parties, et éviter ainsi le trop "conventionnellement répétitif " parfois recherché / subit dans des jeux n'arborrant aucune once de hasard. Et puis CMC, tout comme San Juan, a sa propre identité bien que partageant un nombre non négligeable de mécanisme que son aîné.

Alors que faire ? Ceux qui n'avaient pas accrochés à Caylus, surtout si ils estimaient que c'était trop complexe, trop lourd, trop long ont vraiment intérêt de tester CMC afin de se faire une idée et il ne serait pas étonnant qu'ils adoptent cette version.

Ceux qui accrochaient déjà à Caylus et qui l'ont déjà dans leur ludothèque, cela vaut il le coup d'acquérir CMC ? Arf... Voilà la question qui me taraude depuis fin mai maintenant. Si je dois jouer avec des joueurs occasionnels, nul doute que CMC est un format très adapté pour qu'ils mettent le pieds à l'étrier sans que j'ai à bouder mon plaisir pour respirer "l'essence Caylus". Va falloir que je réfléchisse à ce nouvel investissement, et mieux, en refaire une partie ou deux si possible ;-)

Un interview de William Attia, issu de JSP. N'oubliez pas qu'il est possible d'y jouer en ligne, toujours sur le site de JSP.

Publié dans Premières Impressions

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The Key 26/06/2007 22:07

De toujours aussi bonnes critiques et remarques sur les jeux !
Bravo pour ton blog que tu continues de faire vivre !

-The key-