Retour du salon du jeu de société de Paris

Publié le par Gorthyn

L'édition 2009, c'est déjà terminé... Les années passées, je trouvais déjà que 3 jours défilaient à grande vitesse, mais là, seulement 2 jours, ça fait vraiment short. A peine le temps de se retrouver baigné dans l'ambiance, qu'il faut déjà repartir. La nocturne du samedi soir (jusqu'à 22H) n'aura visiblement pas comblé ce manque. Bref, en espérant que pour les futures éditions, cela revienne bien à 3 jours...

2009 aura également confirmé que ce salon commence à prendre sérieusement ses marques en proposant des nouveautés ou bien des jeux vraiment très récents. Et ça, pour les geeks, c'est plutôt attractif pour sûr. Comme je l'avais déjà expliqué pour un événement tel que Essen, personnellement, je ne vais pas à un salon de ce genre pour une seule raison, mais bien pour une multitude de petites choses qui mises bout à bout rendent l'événement assez attractif pour que je fasse le déplacement de ma bourgogne natale.

Si les principaux éditeurs Francophones étaient présents (cela me semble vraiment incontournable pour que ce salon puisse vraiment attirer un max de passionnés), j'ai été en revenche surpris que les auteurs étaient moins nombreux (me semble-t-il ?). En effet, bien qu'il y ait eu Friedmann Friese (2F Spiele), Philippe Keyaerts (Smallworld) et les frères Lamont (Snow Tails), j'ai un peu le sentiment qu'il y avait eu une "migration" vers le salon Toulousain (J'espère un jour pouvoir d'ailleurs m'y rendre à celui là) qui se déroulait dans le même temps au détriment (en quelques sortes) de ce salon du jeu de société de Paris... Dommage que les calendriers se soient à nouveau télescopés ainsi.

Pour le reste, ce salon a déjà pour le moins trouvé ses marques, proposant des stands confortables, un espace aéré, des tables pour jouer encore plus nombreuses que les années précédentes. Celles d'ailleurs réservées pour les tournois des JCC pourraient peut être être d'avantage centralisées géographiquement afin qu'elles puissent être utilisées lorsque les stands voisins sont bookés (et que les tournois soient terminés bien sûr). En parlant de stands bookés, ce qui fût pas mal le cas pour ceux de Days of Wonder, Filosofia et Asmodee qui pourtant proposaient un nombre de tables relativement important. Les autres éditeurs n'étaient pour le moins pas en reste avec Matagot, Ystari et Repos Prod qui ont vu également leur stand plus que rempli pendant ces 2 jours. Normal me direz-vous à la vue des jeux proposés cette année par chacun de ces éditeurs, et en primeur générale de surcroît.

Bref, je dirais qu'il ne manque plus que d'avantage de visiteurs viennent découvrir tout cet univers pour que l'on puisse un jour espérer voir ce salon comme une référence en la matière sur le territoire Français... Le prix d'entrée à la journée, pour une famille de deux enfants par exemple, a peut être fait réfléchir à deux fois ceux qui souhaitaient éventuellement venir découvrir, ce qui est compréhensible aussi... C'est dommage, car c'est vraiment avec ce genre d'événement que le jeu de société pourra réellement se développer dans notre hexagone à mon avis. Il manquait également peut être un peu de pub (hors internet) autour de l'événement aussi (?).

Bon sinon, dans les jeux essayés pour ma part :

Bakong : en fait je ne m'attendais pas à quelque chose de particulier. J'ai globalement apprécié ce jeu dans la pure lignée d'un Indiana Jones, accessible à toute la famille. La gestion de son sac à dos est plutôt bien trouvée, les parties sont rapides, le matériel de qualité et les illustrations sont vraiment nickel.

Ce qui m'a un peu gêné, c'est d'avoir l'impression de n'avoir que peu de choix à faire : car une fois les 2 dés lancés, il ne reste "plus qu'à" choisir entre les deux valeurs pour savoir celle qui nous fera avancer de celle qui identifiera la tuile à retourner. La part de mémoire entre évidemment en jeu pour soit bien localiser les tuiles "piège" et espérer s'en sortir mieux et plus vite que ses adversaires.

Mais finalement, dans mes 2 parties réalisées, j'ai eu le sentiment qu'il était plus lucratif de jouer tranquile et assurer la "cueillette" d'émeraude, que de tenter une course trop rapide et hasardeuse. Je me doute que le jeu a été bien testé, mais je reste surpris que le bonus de +3 revenant au premier joueur ayant rallié la case d'arrivée ne soit pas plus important, favorisant encore d'avantage l'esprit course (qui me plait).

Bref, cet aspect m'a un peu manqué mais peut être s'agissait-il de deux parties un peu particulières qui faussent cette impression. Si on souhaite faire un parallèle, j'apprécie assez Verflixxt qui propose me semble-t-il d'avantage de choix (jusqu'à 4 sous certaines conditions) alors que j'avais déjà l'impression d'être à l'étroit dans cette palette... Donc là, à Bakong, ces 2 seuls choix m'ont semblés un peu trop limités. Mais bon, j'y reviendrai avec plaisir pour me faire une meilleur idée. Peut être que l'aspect mémoire est plus prépondérante que je n'ai pu le constater.

Je l'avais déjà expliqué dans ce précédent article, je cherchais un jeu de course (style manquant dans ma ludothèque) qui répondrait à mes attentes. Il fallait que cette course rende un minimum l'impression d'une course (vitesse) tout en ayant des choix tactiques pertinents à faire.

Snow Tails répond à mes attentes. Il est vrai que les premiers tours de la première partie sont un peu délicats à entrevoir lorsqu'il faut calculer la trajectoire que notre traîneau va nous contraindre à suivre. Après une ou deux parties, il n'en est plus rien.

Et je pense que c'est le (maigre) prix à payer pour avoir un jeu de course où les choix restent intéressants à faire à chacun de ses tours. Car je me souviens de parties d'Ave César, ou bien de powerboats, où j'ai eu parfois l'impression de ne pas avoir grand chose à choisir tant cela me semblait "évident".

Là, le fait de pouvoir poser une, deux ou trois cartes à son tour (sur la force de ses chiens et/ou de son frein), de gérer les limitations de vitesse, de s'insérer dans le traffic, de gérer les chocs (et cartes dégâts) de son attelage... sont une multitude de paramètres assez simples à appréhender tout en offrant une palette de choix nécessaire pour proposer au final une course intéressante pour chacun de ses tours de jeu. Mais bon, après, à chacun sa propre sensibilité dans ce style d'exercice et en ce qui me concerne, ça tombe pile poil dans le gabarit que je recherchais. Acheté sur place sans grande hésitation, même si j'en ai tout de même fait 3 parties sur les 2 jours de salon ;-)

Smallworld : ça tombe vraiment bien... car depuis le temps que je souhaitais essayer Vinci, cela a répondu à mon attente. Je ne suis pas un grand fan des jeux de baston, mais là, c'est réduit au mode le plus simple qui soit, laissant avant tout la part belle au choix de peuple à acquérir et surtout "au bon moment", tout en sachant bien gérer le déclin, également "au bon moment".

Le jeu est vraiment plaisant, les choix plutôt intéressants, les combo peuples-pouvoirs spéciaux proposent un large éventail de possibilités (et donc de renouvellement potentiel) des parties.

Le tout servi par un très beau matériel de qualité, sur une thématique quelques peu revisitée qui accrochera probablement une plus large cible de joueurs que ne pouvait le faire Vinci.

Le plateau modulable en fonction du nombre de joueurs est bien vu (permettant de mettre à disposition un nombre de régions adapté pour généré le minimum de conflits nécessaire au bon déroulement et esprit du jeu). Philippe Keyaerts est visiblement un auteur qui prend son temps, mais entre Smallworld et Evo, il a clairement mes faveurs en termes d'originalité... Critère qui devient de plus en plus important dans le domaine de mes acquisitions ludiques.

Finca
était également une des sorties attendues pour ce salon. Traduit en Français par Filosofia, ce jeu propose un système de déplacement proche d'Emerald (on avance son pion d'autant de cases que le nombre de pions présents sur la case de départ de dit pion... pour venir récupérer autant de fruits qu'il y a de pions présent sur la carte où arrive notre pion).

L'objectif est de venir réaliser des livraisons de fruits dans diverses régions de Majorque afin de marquer un maximum de points. Une fois un région désservie sur ses 4 commandes, un bonus est attribué au joueur ayant livré le plus de fruit d'un type déterminé. Un autre bonus est attribué quand un joueur a réussi à réaliser les 6 types de livraisons, et un peu comme à Thurn & Taxis, la valeur de ce bonus se réduit au fur et à mesure que vos adversaires le réalisent avant vous.

Vous disposez par ailleurs de 4 actions spéciales, utilisables une seule fois par partie, qui vous permettent de mettre un peu de pression sur vos adversaires lorsque vous faite la course pour accomplir une commande sur les mêmes fruits.

L'interraction n'est pas en reste : ceux qui apprécient de pouvoir plomber leurs adversaires pourront le faire quand un type de fruits vient à manquer en réserve... Car TOUS les joueurs doivent rendre dans ce cas l'intégralité de leur récolte afin que le joueur dont c'est le tour puisse récupérer ses fruits. C'est assez violent et évite judicieusement que les joueurs ne stockent trop longtemps les fruits en trop grande quantité.

Le tout forme un jeu agréable, plutôt fluide, mécaniquement au point pour sûr. Je dois par contre devenir exigeant car si je ne refuserai pas de rejouer à Finca (j'ai d'ailleurs fait plusieurs parties sur le salon histoire de vraiment pouvoir le jauger par rappor tà mes attentes), il n'a par contre pas déclenché un enthousisme débordant de ma part : il me manque en effet la petite étincelle qui fera que je pourrai me prendre d'affection pour ce jeu, très bon au demeurant, mais dont la mécanique (relativement bien réglée pour sûr !) reste le coeur du jeu au détriment de son thème (et donc un peu de son âme ludique).

Dans la famille Cartagena, je voudrais celui de Michael Rieneck... Je suis toujours curieux de découvrir les divers opus de la série Cartagena. Si j'avais été assez partagé sur celui de Rudiger Dörn (Cartegena : die Goldinsel), Cartagena die Meuterei propose un cocktail original et surtout réussi à mes yeux.

Originaloui : de par le thème et surtout sa mise en oeuvre. Une mutinerie se prépare sur le rafiot où se trouvent engagés chacun des joueurs. Vous allez devoir choisir votre camp avant que la fin du périple n'arrive.

Une bagarre va inévitablement avoir lieu et vous devrez rallier le camp qui l'emportera pour espérer gagner la partie. Si vous êtes plusieurs joueurs à avoir choisi le camps du vainqueur (ce qui sera fort probable puisque vous allez devoir soutenir les 5 duels de la mutinerie), ce sera le joueur le plus riche qui l'emportera... Mais à force de s'enrichir, vous risquez de ne pas être en mesure d'assurer la victoire de votre camp et de laissez tout simplement laisser filer la victoire au camp adverse.

Du bluff, de la filouterie, un scénario relativement original, du suspens, assez rapide, Cartagena die Meuterei est l'une des très bonne surprise de ce salon. Bonne surprise car je ne l'avais pas vu venir d'une part et surtout, un vent d'originalité indéniable souffle sur ce nouvel opus. Constatant trop souvent que bon nombre de jeux ne parviennent pas à se démarquer des autres, je ne peux que saluer l'exercice de style réalisé par Michael Rieneck sur ce jeu. Si vous êtes adepte du thème des pirates, vous devriez l'essayer rapidement pour vous assurer qu'il doivent en toute logique rejoindre votre ludothèque !

Je ne vous reparle pas de 1960 : Kennedy contre Nixon puisque j'ai déjà abordé le sujet dans ce précédent article, mais je précise que le stand Filosofia n'a pas désempli sur ce dernier.

Ce qui est très remarquable dans la mesure où son format (2 joueurs uniquement, et durée de partie dépassant 2H en découverte) n'est pas des plus adapté à ce genre d'événement. Cela souligne indéniablement à mes yeux l'attrait et l'intérêt que ce jeu dégage, ce qui peut déjà laisser présager de son succès auprès du public qui a eu la chance de pouvoir le découvrir.

Typiquement, pour un jeu de ce gabarit, proposant un un prix certes justifié mais tout de même important, c'est un plus indéniable que d'avoir pu l'essayer sur ce salon afin que son public potentiel puisse l'essayer. C'est aussi en cela qu'un salon tel que celui du jeu de société apporte une réelle valeur ajoutée.

Trader
aura également eu son succès plus que mérité sur le stand de Cocktail Games qui avait organisé pour l'occasion le championnat de France (par équipe de deux).

J'ai pu découvrir les configurations 3 et 4 joueurs qui tiennent chacune ses promesses d'un jeu bien ficelé, tendu à souhait, rapide et prenant. Il faut avoir un minimum en mémoire la somme d'argent que son adversaire détient afin de pouvoir notamment se générer des opportunités d'achats sur deux cartes consécutives d'une même colonne, être capable de ne pas se retrouver soi-même à sec en trésorerie pour ne pas laisser passer une bonne affaire et maintenir la pression sur votre/vos adversaires...

Les calculs sont plutôt d'un abord simple, mais dès que l'on souhaite commencer à anticiper un tant soit peu ses tours à venir, Trader peut très agréablement vous donner le change pour propose des situations mettant à l'épreuve les choix parfois délicats que vous aurez à faire durant la partie.

La règle à 3 joueurs avec le système de bourse fermée fonctionne très bien, et que dire de celle à 4 joueurs par équipe qui vous oblige à encore mieux observer pour acheter et vendre en binôme afin de bien répartir les bénéfices acquis... Trader devrait en toute logique rencontrer son public et son succès mérité.

On me fait parfois la remarque que je ne fais que des critiques positives sur ce blog, et comme j'aime à le répondre : je préfère passer du temps à décrire ce que j'ai  apprécié plutôt que de montrer du doigts en détaillant le pourquoi du comment les jeux qui ne m'ont pas touchés ludiquement parlant. Alors si je devais toutefois désigner le jeu qui m'a le moins plus, ce serait sans consteste Montego Bay chez Queen Games d'une répétitivité sans fin (enfin si : nous avons abrégé notre souffrance à mi-partie tant cela nous a ennuyé). Voilà pour le seul bémol en termes de découvertes en ce qui me concerne.

Sur la protozone du stand Tric-Trac, j'ai pu essayer Glonk qui propose une agréable adaptation thématisée du carrom (auquel je pense toutefois rester fidèle). Sinon, j'ai pu voir se dérouler une partie de Bumping Bots, un proto de course d'auto-tamponeuses s'inspirant des bonnes idées de Powerboats tout en proposant plus d'interractions (ce qui manquait un peu trop cruellement à ce dernier) et de "rebondissements" : à première vue, cela fonctionne plutôt bien et donne assez envie pour les amateurs du genre que je suis.

Voilà pour l'essentiel des jeux que j'ai pu essayer sur le salon. Je n'ai par contre pas réussi à m'intégrer sur une table du stand Ystari pour me frotter à Bombay (toutes les tables étaient constamment pleines !). Je n'ai pas trouvé le temps d'essayer Genoa sur le stand de Filosofia qui était toujours comble également. Le stand Matagot était bien rempli : Dice Town, je n'y ai pas joué sur le salon vu qu'étant un des testeurs du jeu, je le connaissais déjà sur le bout des dés... et Art moderne, je me suis juste penché sur les très belles illustrations (et iconographie nickel !) de cette superbe réédition (dommage que je possède déjà la version d'origine sinon, j'aurais immanquablement craqué !).

Voilà en synthèse mon salon du jeu de société 2009 : pas de raison de ne pas revenir l'année prochaine a priori ;-)

Quelques liens pour voir en image à quoi a pu ressembler cette édition :

Publié dans Premières Impressions

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