Premières impressions sur 1960 : Kennedy contre Nixon

Publié le par Gorthyn

Sorti en 2007 chez Z-Man Games, 1960 the making of the president  m'avait très intéressé de part son système de jeu dirrigé par les cartes (card driven). En effet, c'est un style de mécanisme très peu représenté dans ma ludothèque et donc, forcément, cela attire mes faveurs en termes d'envie d'acquisition. De plus, l'accueil était visiblement des plus chaleureux lors de sa sortie et surtout, lors des premières impressions à chaud données sur le net.

Le petit hic, c'est que d'une pat la règle semble un peu volumineuse, et d'autre part, les nombreuses cartes actions (81) proposent chacun un texte d'une longueur non négligeable... Du coup, même si je me débrouille un minimum en anglais, il était clair que dans sa version d'origine, je risquais d'avoir de sérieuses difficultés à le sortir, à le pratiquer, voir même de l'apprécier à sa juste valeur. Du coup, puisque Filosofia l'édite désormais en Français, il n'y avait plus aucune raison d'hésiter à l'essayer. Alors, qu'en est-il ?

Le thème... "Vous n'avez pas le monopole du coeur"...

En parlant de premières impressions, je vous délivre un peu en vrac, les sensations éprouvées dans un premier temps, et ce qui au final aura essentiellement retenu mon attention. Tout d'abord, le thème : clairement original, il permet au jeu d'avoir une identité relativement forte. Ce thème est d'autant plus présent que les graphismes étant des plus épurés et lisibles, ils mettent encore plus en valeur les images d'archives illustrant chacune des 81 cartes de campagne. Comme ces cartes représentent des événements qui ont globalement eu lieu véritablement durant cette fameuse campagne, inévitablement, on se retrouve relativement plongé dans l'ambiance de l'époque. Le matériel est globalement de très bonne facture et très agréable à manipuler. Ce n'est peut être pas le plus important, mais finalement, quand on joue plus de 2 heures à un jeu, cela compte fini par compter...

Les mécanismes... "Je suis un candidat à la présidentielle, tout comme vous"... "Mais tout à fait monsieur le premier ministre..."

exemple

Concernant les mécanismes... On est clairement dans le système que je m'attendais à trouver : à chaque tour (9 au total), on se retrouve avec 6 ou 7 cartes campagne en main. Le principe de base étant que l'on va
  • soit utiliser ses cartes pour leur valeur en point de campagne (allant de 1 à 4) : ce qui globalement permet de refaire pencher le soutient de l'état où se trouve notre pion représentant le candidat que l'on incarne,
  • soit utiliser ses cartes pour l'événement spécial proposé.
En gros, chacune de ces cartes événement peut avoir un effet relativement puissant dans certaine configurations de jeu, ou au contraire être plutôt neutre dans une autre configuration. Comme ces effets sont soit à l'avantage de Kennedy ou de Nixon (voir des deux), il va falloir être le plus habile possible pour que toutes ces cartes jouées en tant qu'événement soit des plus favorables pour soit.

Vous vous en doutez : quand l'événement ne vous semble pas des plus pertinent, voir même qu'il soit en faveur de votre adversaire, vous aurez évidement tout intérêt à plutôt utiliser la carte pour ses points de campagnes en lieu et place de l'événement. Oui mais voilà, il y a un hic... Ca serait trop simple...

En effet, quand vous utilisez une carte pour ses points de campagnes (PC), l'adversaire peut, si il dispose de jetons memtum (qui sont plutôt délicats à récupérer) il peut du coup activer l'événement de la carte que vous venez d'utilier ! Certes, vous aurez la possibilité de bloquer son action mais cela vous en coûtera 2 jetons mememtum ! Autant dire qu'il va falloir jouer judicieusement et avec parcimonie.

Comme de surcroît vous allez devoir à chaque tour jouer 5 cartes sur 6, ou bien 5 cartes sur 7 (en fonction du numéro du tour), la ou les deux dernières cartes non jouées vont servir à alimenter 2 tours spéciaux. Le tour 6 représente le débat télévisé, et le tour 9 représente le jour final de l'élection. Là, chacune des cartes écartées (posées dans votre dossier "stratégie de campagne") va être utilisée d'une autre manière pendant ces deux tours particuliers. Je ne vais pas vous en décrire ici le détail histoire que vous découvriez encore des choses très bien foutues, mais retenez que les choix de pose et de mises à l'écart de vos cartes vont donc être cruciaux pour exploiter au mieux (ou du moins, éviter le pire) dans le bon déroulement de votre camapgne.

Les parties se verront donc renouvelées de part l'arrivée des cartes et sera surtout fonction des configurations du plateau au moment où elles seront jouées. Je vous fait grâce d'autres mécanismes tout aussi judicieux (soutient / appuis des média), les enjeux, qui rajoute diverses rouages subtiles à prendre également en compte dans votre stratégie. Mais shuuut, je vous laisse découvrir par vous même.

Pour le reste des mécanismes, si le tout peut initalement sembler relativement fouillé et riche (certainement moins qu'un Twilight Struggle auquel je n'ai jamais joué), on se retrouve relativement étonné de la bonne assimilation et finalement de la fluidité du jeu. Dans un tout autre genre, un agricola est assez délicat à appréhender juste par les règles, et finalement, les actions étant relativement logiques, tout semble couler de source une fois dans la partie. A 1960, on s'approche très fortement de cette très agréable sensation. Une bonne prise en main servie par des règles très précises et proposant de nombreux exemples permettant de bien fixer des cas à la marges le cas échéant. Du tout bon pour la prise en mains donc !

Les différents états ne rapportent évidemment pas le même nombre de votes et forcément, des lieux stratégiques s'identifient aisément, devenant le centre d'attention parfois au détriment d'autres états moins rentables... mais qui si ils sont délaissés par votre adversaires, vous rapporteront de très précieux points de soutient.

Tout l'art va consister à utlliser au mieux ses cartouches pour soit se focaliser sur des états clés (à forte valeur), soit s'intéresser de près à ces états de l'ouest plutôt déserts (et donc peu de valeur) qui malgré tout vont être nécessaires à concourrir à votre victoire électorale. Savoir se battre sur des états à des moments clés, savoir au contraire aller voir ailleurs pour regagner plus facilement des voix...

Il va falloir doser au mieux, en fesant avec les cartes que l'on reçoit qui peuvent parfois être brutales, autant pour vous que pour votre adversaire, et qu'il faudra globalement de toute manière jouer à un moment ou un autre : mais la chronologie de pose sera évidemment prépondérante dans l'efficacité de vos stratégies de campagne.

D'astucieux mécanismes de soutient et d'appuis des médias vont intervenir tout au long de la partie mais aussi en fin de partie pour le décompte final qui sera astucieusement remis en cause en fonction de cartes de campagnes que l'on aura si possible judicieusement écartées les deux précédents tours.

Cette première partie aura été longue, près de 3 heures en ce qui me concerne. Mais je n'ai pas vu le temps passer tellement on a été plongé dans nos stratégies de campagne afin d'appliquer au mieux, ou au moins pire, ses fameuses cartes.

Au final et en synthèse... Peu représenté en termes de configurations, les jeux à deux ne sont pas légion dans ma ludothèque. J'en cherchais un qui se distinguerait par sa densité, son originalité, et surtout son intérêt. 1960 Kennedy contre Nixon est cette petite perle que je suis ravis de découvrir traduit en Français par Filosofia.

Il faut certes apprécier le genre, mais de part son originalité du thème, ses astucieux mécanismes, sa relative fluidité, sa grande immersion, et la tension proposée dans la mise en oeuvre de ses stratrégies, ce jeu a sans conteste mérité sa reconnaissance ludique sans aucune équivoque. Son classement actuel sur le BGG (26ième) n'est pas volée, loin s'en faut !

Publié dans Premières Impressions

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Elnionio 19/04/2009 00:25

Ah ben bravo, vive la discrétion. on se moque déjà de mon score aux élections quand je marche dans la rue de Jocade !!

Je demande une revanche.

Gorthyn 19/04/2009 16:03


Que veux tu, on me demande si le score fût serré au final. Comme lors de ma campagne, j'ai été bien incapable de mentir...

Bref, autrement dit, tu redemandes un nouveau "wiicaoünt" ?



Elnionio 18/04/2009 11:58

Tu m'as volé mon élection. tu as acheté les médias et tu n'as pas tenu ta promesse de faire le tour des 50 états.

escroc !

Gorthyn 18/04/2009 16:37


... 401, 402, 403, 404, 405, 406, 407, 408, 409 et... 410.

Nan ben écoute, même avec ton "wiicaoünt", j'arrive tonjour à 410 voix : ça prouve bien que je suis passé par les 50 états, et que j'ai donc tenu plus de 80 fois ma promesse !