Nottingham : Premières impressions

Publié le par Gorthyn

Après 5 parties de Nottingham, voilà les premières impressions que m’a données la dernière création d’un auteur que j’affectionne, j’ai nommé Uwe Rosenberg .
 
Nottingham ne déroge pas à la règle de prise en main / découverte délicate des jeux sortis de l’imagination de cet auteur : comme à l’accoutumé, à la lecture des règles, on se relit plusieurs fois tellement la mécanique décrite ne semble pas entrevoir un réel intérêt ludique. Ici, on voit bien qu’il s’agit fondamentalement d’un jeu d’échange (de cartes) afin de réaliser des combinaisons (de cartes)…
 
On a beau se relire, on ne voit pas bien ce qui va pouvoir être exaltant là dedans. Certes, piquer une carte, se faire à son tour voler une carte, selon diverses manières, cela peut être apprécié par des joueurs occasionnels, mais dans ce type d’interaction mainte fois employée, on se demande tout de même bien ce qui va bien pouvoir démarquer Nottingham… D’autant que chaque échange est un réel échange (je te prends une carte en échange d’une autre) : il n’y a donc pas de perte de carte (au sens nombre de cartes détenues en main entre l’instant T et T+1) lorsque l’on subit un échange forcé de la part d’un adversaire. Du coup, chaque échange peut avoir un intérêt pour les deux protagonistes, et cela doit bien sûr être pris en compte...
 
http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/n/nottingham/nottingham1.jpgMais connaissant d’autres créations de cet auteur (Babel, Bohnanza, Klunker, Bali, Limits, Mamma mia …), on peut faire confiance, à juste titre, à ce jeu qui se révèle par lui même au fil des premières parties. Nottingham est moins tortueux qu’un Klunker. On comprend mieux la démarche à suivre une fois dedans : c’est tout simplement très instinctif.
 
Il va falloir en fait optimiser sa main de carte : avoir ce qu’il faut pour réaliser les fameuses livraisons de carte (j’y reviens ci-après) sans trop attirer les convoitises adverses. Forcément, plus vous avez de cartes en main, plus vous risquez de devenir la cible privilégiée de vos adversaires (un peu comme le coup du magicien à Citadelles). Un peu dans le même esprit que Bohnanza, il va falloir vous débrouiller pour faire le plus d’échanges possibles afin d’optimiser vos fréquences de livraison. Dans cet optique, quand un autre joueur provoque des échanges de cartes, il sera peut être finalement opportun d’attirer l’attention sur votre offre afin de récupérer la carte proposée par l’initiateur de l’échange.
 
Il y a deux types de livraison : les simples, et les missions. Globalement, les livraisons simples correspondent à un lot de 3 cartes (ou plus) d’un même type d’objet, pour au final ne conserver qu’une seule carte. Livrer plus de 3 cartes vous permet de vous protéger des embuscades que peuvent avoir tendues vos adversaires. Les missions se caractérisent par des lots plus importants de cartes (3 ou 4 paires, une quinte, 7 cartes différentes) mais qui ne peuvent aucunement être affectées par les embuscades.
 
http://idata.over-blog.com/0/00/53/43/div/ludotheque/n/nottingham/nottingham3.jpgDe fait, soit vous préférez faire de nombreuses livraisons simples rapportant unitairement moins que les missions (avec les risques d’embuscade encourus) , soit vous vous lancez dans des missions qui sont plus longues à mettre en oeuvre, vous rapportent nettement plus (entre 2 et 3 fois plus qu’une livraison simple) sans risque d’embuscade, mais vous désignant souvent d’avantage comme cible dans les échanges forcés de vos adversaires.
 
A cela s'ajoute la possibilité de piocher une cartes à chaque livraison réussie, pour tous les joueurs ayant un nombre de carte en main inférieur à un nombre variable (en fonction de l’avancement du shériff sur le plateau). Tout est mis en œuvre pour vous inciter à faire le plus d’échanges possibles, pour réaliser le plus de livraisons possibles, avec le moins de cartes possibles en main…
 
Le jeu peut devenir addictif dans sa simplicité de mise en œuvre et propose le grand avantage d’être jouable jusqu’à 7 joueurs sans que l’on s’ennuie autour de la table puisque les tours de jeu sont très rapides. Un joueur pioche une carte et la met soit en main (en tant qu’objet), soit il utilise l’action de la carte (permettant de faire un type échange précis). Dans le premier cas, cela ne dure pas plus de 5 secondes, dans le second cas, tous les joueurs sont en général potentiellement impactés par l’échange provoqué. Bref, pas de temps mort.
 
http://62.233.33.215/0/00/53/43/ludotheque/n/nottingham/nottingham2.jpgVous pouvez bien entendu jouer dans votre coin en papotant quand cela n’est pas votre tour, mais un des intérêts est au contraire d’être vigilent aux cartes échangées entre les joueurs afin que lors de futurs échanges, vous ne proposiez pas de cartes trop intéressantes (si vous souhaitez ralentir un joueur) ou au contraire appâter le joueur provoquant un échange. Un soupçon d’attention et de mémoire ne peut donc pas être mauvais pour s’en sortir mieux que les autres.
 
Le jeu ne propose pas de profonde stratégie, mais fait d’avantage appel à votre sagacité pour faire les échanges les plus fructueux aux bons moments. L’interaction est finalement très agréable pour un jeu où le thème est complètement plaqué, et l’originalité de la mécanique plus que timide de prime à bord.

Rosenberg a encore su doser subtilement divers ingrédients pour proposer un jeu dont l’intérêt murît subtilement au fil des parties. Plus accessible que la plupart de ses autres créations, Nottingham mérite fort honorablement le détour même si le jeu n’est pas une révolution dans le genre. Jouable jusqu'à 7, il permet de proposer un jeu qui pour ce nombre de joueur, ne se limite pas uniquement à un jeu d'ambiance. Il me reste maintenant à me faire un avis sur la durée et en constituer la fiche... à suivre.

Publié dans Premières Impressions

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