Keltis : premières impressions

Publié le par Gorthyn

Les jeux primés par le Spiel Des Jahres, ne font plus trop l'unanimité auprès des joueurs réguliers. Une fois que l'on a compris que l'objectif de ce prix est désormais de récompenser des jeux plutôt accessibles à un large public, on comprend mieux les résultats depuis 2002 avec Villa Palleti (côté light, ils avaient frappé fort cette année là).

Comprenez que les jeux ne sont pas mauvais, mais que le casting n'est désormais plus le même que pour un Torres (2000), un Tikal (1999) ou encore un El Grande (1996).

Le jeu, chaque année, n'est désormais plus de savoir celui qu'on aimerait voir remporter le prix, mais anticiper celui qui répondra le mieux aux critères envisagés par le jury. Si en 2006 j'avais su déceler les chances de Thurn & Taxis sans être pour pourtant certain de sa victoire, cette année, Reixou l'avait bien anticipé, et très tôt de surcroît.

Keltis, c'est une version  améliorée pour 2 à 4 joueurs des cités perdues. Le principe de base reste le même (poser des suites de cartes afin de progresser parmis 5 chemins) et de fait, si vous n'aviez pas accroché à son petit frère, il y a peu de chance que vous changiez d'avis radicalement. Et pourtant, Keltis mérite le détour. Reiner Knizia a su rajouter son petit coup de patte habituel qui fait toujours la différence. Pour les connaisseurs des cités perdues, quelles sont les principales différences outre le fait que l'on peut jouer désormais jusqu'à 4 ?

Tout d'abord, les cartes sont en double exemplaires (de 0 à 10, sur 5 couleurs, ce qui fait 110 cartes: fallait bien ça pour joueur jusqu'à 4). Ensuite, les séries peuvent désormais être posées de manière croissante ou décroissante. Cela est très important dans la mesure où le système de la carte défaussée peut toujours être récupérée par un autre joueur. Cela fait qu'il est souvent plus pertinent de commencer une suite dans la même couleur qu'un adversaire mais dans le sens inverse (afin de le gêner dans ses défausse, surtout si il joue juste avant vous). Le choix est donc inverse par rapport au joueurs qui joue juste après vous (préférer faire les suites dans le même sens).

Comme on ne joue plus uniquement à 2, le choix de la carte défaussée fait qu'il est désormais possible de se défaire d'une carte qui n'intéresse pas nécessairement celui qui joue juste après soit. Pour finir, les 5 parcours, désormais illustrés sur un plateau, propose des cases sombres sur lesquelles on pose aléatoirement en début de partie des tuiles bonus permettant soit de rejouer afin de faire progresser au choix un de ses pions (pas forcément celui qui a récolté le bonus), soit de collecter quelques points (de 1 à 3), soit de cumuler des pierres philosophales qui proposent des points très juteux si on parvient à les collectionner de manière suffisament nombreuses.

Tout ça permet aux joueurs d'avoir nettemement plus de choix à faire à leurs tours, d'avoir plus de paramètres à prendre en compte afin de prendre la meilleur décision à l'instant T, et rendre de fait le jeu plus riche que sa version cartes pour deux joueurs. Bref, d'avoir le sentiment d'avoir plus d'emprise sur la partie, même si une pioche déplorable vous fera vous rappeler de pester comme à la bonne vieille époque des cités perdues.

Le jeu est très accessible (c'est bien un Spiel des années 2002 et postérieur; pour sûr), rapide, fluide, plutôt prenant pour peu que vous adhériez comme moi à ce genre de mécanismes. Etre constamment à me demander ce qu'il est préférable de faire tout au long d'une partie me plaît assurément. Si je n'avais pas déjà les cités perdues, je suis convaincu que Keltis rejoindrait immédiatement ma ludothèque. Il est en effet possible de jouer à 2 pour le même plaisir avec plus de bons choix tactiques à prendre. En plus, vous pouvez même jouer aux cités perdues avec la boite de Keltis, donc deux jeux en un d'une certaine manière (bon, à défaut d'un jeu abstrait, je préférais tout de même le pseudo-thème des cités perdues)...

Depuis 2002, Keltis est probablement avec Thurn & Taxis les jeux primés par le Spiel qui me plaisent le plus. Comme je pense qu'il faut qu'une ludothèque propose un large choix en termes de styles de jeux, y compris ces jeux moins lourds sans être dénués d'intérêts, Keltis fait assurément partie à mes yeux des valeurs sûres qu'il serait domage de bouder.

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