Cuba : premières impressions

Publié le par Gorthyn

Lors du dernier salon d'Essen, il y a eu pas mal d'effervescence autour de Cuba. D'une part, Eggertspiel était assez attendu suite aux diverses bonnes précédentes sorties (Impérial ou bien encore Space Dealer qui fût un des bons gros buzz d'Essen 2006), d'autre part le duo Michael Rieneck et Stefan Stadler avait déjà bien attiré l'attention sur eux avec leur précédente bonne surprise  : Les pilliers de la terre.  A cela s'ajoutait la version collector en bois d'arbre d'avec un air de boite à cigares pour vous faire encore plus baver, de belles illustrations, du beau matos...

Les échos allaient bon train, de nombreux bâtiments dispo, produire, vendre des marchandise, ou bien les embarquer sur des bateaux... Tiens tiens, ça me rappelle un peu quelque chose dans l'idée... Mais aussi un système de vote de règles, ou plus exactement de soudoiement pour se faire des points de victoire supplémentaires en fonction de divers critères qui peuvent être remis en cause / changés d'un tour à l'autre... Bref, de quoi attirer l'attention à juste titre.

Je dois être bizarre, car outre le fait que si il y a plus de monde sur un stand ben forcément c'est plus délicat de trouver une place, je me méfie parfois de ce type d'engouement un peu aveugle, enfin un peu trop hatif (mais bon, c'est le propre des buzz... encore que, il y a buzz et buzz, mais c'est une autre histoire ça). Bref, depuis octobre 2007, je n'avais pas pris le temps / eu l'occasion d'essayer Cuba. C'est désormais chose faite, et voici mes premières impressions.

Encore un jeu à cumuler des points de victoires de différentes manière, grâce à une exploitation agricole que chacun va faire prospérer du mieux qu'il peut. Chacun va pouvoir construire des bâtiments (accessibles de tous) lui permettant de disposer d'avantages supplémentaires lui facilitant certains marchandage / production / embarquement dans des bateaux... Couplé au plateau individuel permettant de gérer son exploitation, l'envie est assez logique de faire des parallèles avec Puerto Rico. Mais contrairement à ce dernier, vous allez devoir gérer l'occupation géographique de votre exploitation afin d'optimiser les coups que vous allez devoir faire par la suite.

Sans aller dans jusqu'à une sorte de tétris, vous allez être amené à disposer des bâtiments sur votre exploitation tout en prenant garde que leur diposition vous permettront de réaliser  de jolis coups par la suite : car en activant votre pion ouvrier, vous allez activer  globalement la ligne & colonne des actions où il se trouve. Bien entendu, en fonction des bâtiments construits qui vous donnerons certains avantages / facilités, vous devrez les exploiter au mieux ce qui vous orientera dans des stratégies et choix tactiques différents de vos adversaires. On sent d'ailleurs que ces axes sont assez diversifiés a priori, mais également plutôt rigides de prime à bord.

Par tour, chaque joueur va pouvoir faire 4 actions parmis sa main de 5 cartes. La dernière servira en fait à soudoyer pour que les lois vous intéressant le plus soient appliquées. Ce dernier mécanisme ne doit surtout pas être sous estimé car si on laisse faire un adversaire, il peut relativement bien engranger de précieux points au fil de la partie.

D'une manière plus globale, les divers mécanismes sont assez nombreux, souvent déjà vus par ailleurs, mais s'impbriquent relativement bien. Comprenez que les amoureux de belles mécaniques devraient trouver leur compte.

Pour ce qui est du thème, même si le ramage en met plein les yeux pour ceux qui apprécient le style, le plumage ne m'a pourtant pas complètement emballé. J'ai eu le sentiment d'un jeu assez froid, assez répétitif, où l'engouement n'a pas trop pointé le bout de son nez. Pourtant, ça tourne bien, c'est une certitude. J'ai vraiment eu l'impression d'être enfermé dans l'orientation que l'on se fixe en début de partie, et que globalement on pourra semble-t-il appliquer à chaque partie. J'espère en contre-partie que le système de vote incite justement à être d'avantage sur le quivive et de ne pas pouvoir trop reproduire des schémas déjà appliqués par le passé.

Je rejouerai probablement à Cuba pour me faire une meilleur idée de la bête et vérifier qu'il convient ou non à mes attentes. Mais cette première partie n'a pas déclenché la petite étincelle chez moi que j'attends toujours avec impatience pour me faire complètement adhérer au jeu. Pourtant, Cuba est loin d'être un mauvais jeu, et il est évident que révolutionner le genre ne doit pas être aisé : ici, on est dans du "traditionnel" (comprenez que pour les habitués, ils ne devraient pas être perdus loin s'en faut), mais dans du bon traditionnel. Ceux qui ne connaissent pas ses prédécesseurs pourront investir dans ce jeu qui est un bon cocktail de ce qui existe en apportant sa très petite dose d'originalité. Par contre, pour ceux qui possèdent déjà d'autres références en la matière, ils auront peut être d'avantage de mal à voir la valeur ajouté dans leur ludothèque.

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