Samedi 6 octobre 2007
Jambo a fait parler de lui plutôt en bien lors de sa sortie chez Kosmos en 2004. Le seul reproche évoqué, qui n'en n'était pas vraiment un à l'encontre du jeu lui même, concernait le fait que beaucoup de texte figurait sur ces nombreuses cartes action. Et forcément, cela peu logiquement rebutter, même pour des joueurs plutôt habitués aux jeux en langue étrangère.

Filosofia, encore eux, ont eu la très bonne idée d'en éditer une traduction. Et on ne peut que se réjouir de ce genre d'initiative sur ce type de jeu qui le justifie réellement : beaucoup de texte à traduire, un jeu avec visiblement un bon potentiel d'après les oui-dires, et un auteur tout de même assez apprécié, j'ai nommé Rüdiger Dorn.

Même si j'ai un peu moins l'occasion de jouer à deux, il n'en reste pas moins que les jeux à deux que je souhaite avoir dans ma ludothèque doivent être d'autant plus des références à mes yeux. Aussi Jambo m'intriguait au plus haut point. Après quelques parties de repérage, voici mes premières impressions qui vont décevoir les ludovores de la toile ludique... Car je n'ai pas de grandes révélation dans cet article : je risque tout simplement d'aller dans le même sens que les nombreux (très bons) avis déjà émis sur le sujet ;-)

Des combinaisons d'actions assez diversifiées...
Jambo, ce sont des mécanismes déjà connus mais savamment mélangés, sur un thème usuel (le commerce) mais transposé dans le décor dépaysant de l'Afrique Centrale. Le principe de base est simple : effectuer des achats/ventes de marchandises plus rapidement que votre adversaire afin de devenir l'heureux possesseur d'une fortune s'élevant à 60 pépites.

J'ai retrouvé dans Jambo le même genre de bonnes sensations que dans Expédition Altiplano dans le fait de pouvoir rendre ses actions plus diversifiées à son tour en posant des cartes objets (personnages dans EA) qui vont rester actives pour vos tours suivants.

Et le tout avec une souplesse accrue dans les enchaînements possibles de vos actions. Vous disposez en effet de 5 points d'action par tour. Libre à vous de les utiliser à votre guise (sauf la première action qui est obligatoirement la pioche d'une carte) afin de combiner au mieux les pouvoirs que vous aller pouvoir combiner (3 objets maxi devant vous).

A ces cartes objets, qui vous permettent donc de disposer de pouvoirs spécifiques à chacun de vos tours, s'ajoute des cartes animales et des cartes personnages qui sont défaussées une fois jouées (le fait de jouer une carte ou d'activer un pouvoir vous coûte systématiquement un des 5 points d'actions de votre tour pour rappel).

Les cartes animales sont globalement des attaques en règles de votre adversaire visant à lui faire perdre des cartes ou des marchandises ou d'échanger en votre faveur ces mêmes items. Les personnages vont quand à eux vous permettre de faire des actions plus ou moins puissantes de votre côté, sans trop embêter votre adversaire. Encore que...

A ce tableau d'ensemble déjà plutôt réjouissant s'ajoute une qualité indéniable du matériel qui inspire un plaisir non dissimulé de pouvoir emmener aisément un jeu solide dans une petite boite que qui se transporte aisément avec soit. Le tout servi par des illustrations chaleureuses aux teintes ocres invitant à se plonger un peu plus dans le thème du marchandage en Afrique Centrale (bon, ça reste des cartes et des items en carton, je sais bien. Mais c'est tout de même très agréable tout ça !).

Du renouvellement des parties...
Si vous avez suivi, les parties pourront se renouveller assez aisément dans la mesure où vos actions possibles seront fortement dépendantes des cartes objets (3 au max pour rappel) que vous aurez pu poser devant vous. Evidemement ces cartes sont plutôt nombreuses et diversifiées dans le jeu, ce qui vous obligera immanquablement de jouer différement à chaque partie. Et ça, c'est vraiment plus qu'appréciable dans la rejouabilité d'un jeu.

Même si je n'ai pas un grand nombre de partie dans les pattes, les partie ne me semblent pas monotone : récupérer des cartes sera un de vos principaux objectifs dans un premiers temps afin d'engranger d'avantage de marge de manoeuvre dans vos coups. Tenter de récupérer la même combo d'objets que lors d'une précédente partie victorieuse sera a priori voué à l'échec dans la mesure où il vous faudrait trop de temps laissant trop d'avance à votre adversaire dans la course à la pépite.

C'est un jeu plutôt interractif et de fait assez agressif : les nombreuses cartes vous permettront d'aller embistrouiller votre adversaire et de provoquer des rebondissements dans le cours de vos parties. Les joueurs qui trouvaient les colons de catane plutôt morne sur cet aspect d'interractivité seront ravis dans Jambo : il vous faudra en effet régulièrement marcher sur les plattes-bandes de votre adversaire pour espérer sortir victorieux de ces marchandages ;-)

Je vais de ce pas mettre à jour ma liste de jeux à deux préférés...
par Gorthyn publié dans : Premières Impressions
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Jeudi 2 août 2007
Je ne vais pas y aller par 4 chemins, cela évitera de vous faire mariner plus longtemps : c'est probablement mon coup de coeur du moment, tout simplement. Au moins, pour ceux qui liront l'article en entier, vous connaitrez mon parti pris.

Même si je délaisse un peu les jeux abstraits, il en est qui sortent immanquablement du lot sans aucune mesure à mes yeux, et Zendo en fait incontestablement partie. Toujours attiré par les jeux d'enquête / déduction, je ne pouvais évidemment pas rester insensible à cet étrange boite renfermant des pyramides multicolores qui ne sont pourtant pas du meilleur effet.

Certes, l'identité graphique est unique, mais n'est pas des plus sexy non plus. Qu'importe le flacon pourvu qu'on est l'ivresse ! Et là, perso, je ressors complètement saoûl pour le coup ;-)

Rasender Roboter, si j'adore le concept, me gêne un peu pour le côté course à la solution. Même si l'expérience stressante est des plus palpitante, il faut néanmoins trouver les joueurs adéquats qui apprécieront ce genre d'exercice, de même niveau de surcroît pour ne pas que la partie tourne en sens unique.

koan1.jpg (11075 bytes)Dans Zendo, on se retrouve dans un jeu où l'on cogite sereinement, sans stress, mais où l'on jubile tout autant soit dans la position du maître qui aura défini l'énigme, soit dans la position des disciples qui se torturent l'esprit pour découvrir la règle qui régit cet édifice, ou Koan.

Alors comment cela fonctionne-t-il ?

Dans les grandes lignes : un joueur est défini pour le tour comme endossant le rôle du maître. Ce dernier va secrêtement imaginer une règle de pose.  A l'aide de pyramides multicolores, il va créer deux édifices (des Koans) qui pour l'un, répondra conformément à cette règle de pose (il aura la nature du Boudha), et un second qui n'y répond pas.

Les autres joueurs, les disciples, vont tenter de découvrir la règle de pose du maître. Pour effectuer leur recherche, ils vont à leur tour, chacun leur tour, bâtir un koan et demander au maître si elle répond ou non à la fameuse règle secrête. Le maitre validera ou invalidera le koan. Petit à petit, par recoupements entre les divers koans ainsi bâtis, les disciples vont converger vers la règle à trouver.


koan2.jpg (15370 bytes)Et comment gagne-t-on ?

Bien entendu, en tant que disciple, il faut pouvoir faire des propositions de règle de pose. Pour en avoir le droit, il faut au préalable avoir trouvé une réponse du maître avant qu'il ne la révèle.

Concrêtement, quand un disciple réalise un koan, il peut simplement demander au maître de lui valider ou l'invalider. Ou bien, de se mettre en mode MONDO : dans ce cas là, avant que le maître ne donne sa réponse, chaque disciple va tenter de deviner quelle va être la réponse. Si il y parvient, il gagne le droit de pouvoir faire ultérieurement une proposition de règle.

Et ça donne quoi comme impression tout ça ?

En tant que disciple, on se surprend à se triturer l'esprit, à tenter de trouver la bonne réponse. En tant que maître, on jubilera de trouver une règle la plus simple qui soit et qui parviendra à mettre en échec le plus longtemps possible ses disciples.

Zendo, c'est très simple, accessible et prenant, diablement prenant. Les amateurs de logigrames et autres jeux de déductions / recoupements seront ravis de faire chauffer leurs neurones en n'ayant pas la pression d'une course cérébrale à la sauce Rasender Roboter. Contrairement à ce dernier, même si l'on cherche à être le premier à découvrir la règle secrête de pose, les disciples de Zendo participent d'une certaine manière "ensembles" à la recherche de la solution.

Dans un mode un peu plus avancé, les disciples qui penseront avoir trouvé la bonne solution pourront bâtir des koans plus "compliqués" que seul le maître pourra valider / invalider tout en tentant de semer le doute dans l'esprit des autres disciples, approche vacharde qui n'est pas sans rappeler la démarche à adopter dans un certain Barbarossa...

Amateurs du genre, ruez-vous sur Zendo !
par Gorthyn publié dans : Premières Impressions
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Mercredi 1 août 2007
Il faudrait être reclus depuis de très nombreux mois au fin fond d'une grotte pour ne pas se rendre compte que le poker occupe une place de plus en plus importante dans le paysage ludique. L'effervescence en France est assez saisissante, c'est le moins que l'on puisse dire.

Alors que certains découvrent depuis peu le poker, nous voyons fleurir divers jeux de société qui proposent des variantes épicées tel le Mexican Hold'Em Poker de la joyeuses bandes des repos prod.

Les deux Brunos se sont lancés dans l'aventure en proposant quand à eux un jeu à base de poker où l'on va jouer des coudes pour assoir son monopole de tripots au coeur du Chicago des années 20. L'objectif du jeu est simple : sera déclaré vainqueur celui qui aura réussi à remporter 3 établissements identiques (de même couleur), soit un établissement de chaque couleur (au nombre de 4), soit 5 établissements (peu importe la composition).

Pour se faire, chaque joueur va tenter de poser des combinaisons de poker devant les divers établissements disponibles (autant d'établissements que de joueur). A son tour, on dispose de 3 actions qui peuvent être : piocher une carte (mais à la fin de son tour, on ne doit pas avoir plus de 7 cartes en main), poser une carte devant un établissement, jouer une carte action (pas de panique pour les frileux du chaos, il n'y a que 5 cartes actions qui n'anéantissent pas toute la structure du jeu mais apportent simplement un peu plus de suspens...).

Dès qu'un joueur a posé 5 cartes devant un établissement, il y a alors déclenchement d'une fusillade. Cela veut simplement dire que l'attribution de l'établissement se fera au prochain tour de table, quand le tour sera revenu à celui qui a déclenché ce décompte. Autrement dit, tous les autres joueurs peuvent encore jouer une fois (et donc poser au maximum 3 cartes) sur l'établissement pour venir contester son attribution. Quand un établissement est remporté, il est remplacé par le suivant de la pile et ainsi de suite jusqu'aux conditions de fin de partie décrites précédemment.

Voilà dans les grandes lignes, en sachant qu'en plus, la pose des 5 cartes devant les établissements sont fonction de leur couleur: pour certains, les 5 cartes seront posées de manière visible, pour d'autre les 2 premières cartes sont face cachées et les 3 suivantes faces visibles, l'inverse pour un autre établissement, et enfin, alternativement visible / cachée pour le dernier type d'établissement.

A noter également qu'il n'y non pas 4 mais 5 couleurs de cartes, et que leur valeur s'étend de 1 à 15. Ce qui permet proposer en fait 2 combinaisons supplémentaires que sont :
  • la "rainbow straight" (la suite arc-en-ciel composée de chacune des 5 couleurs donc),
  • et du "chicago poker", composé de 5 cartes identiques. Autant au poker classique les carrés sont déjà plus que rares, autant  iji il faudrait imposer une tournée générale ou je ne sais quoi le jour où l'on verra un "chicago poker" ;-)

Le jeu peut se jouer de 2 à 6 joueurs et évidemment, plus il y aura de monde à se disputer les établissements, plus il sera délicat de prévoir qu'elle sera la situation quand votre tour reviendra, et plus le tour de jeu rallongera.

Alors, ça donne quoi au final ?


Le jeu cible évidemment les amateurs de poker à la base. A noter que les aficionados de Shotten-Totten devraient adhérer sans problème à Chicago Poker. On retrouve effectivement le  même genre de tension autour de l'attribution des établissements, mais avec cette fois 2 aspects différents.  D'une part il s'agit ici de combinaisons de poker, s'appuyant au max sur 5 cartes donc, (et non plus 3 à Shotten-Totten), et surtout...

... et surtout il est introduit une notion de Timing pour remporter les établissements. En effet, si dans Shotten-Totten on pouvait continuer de jouer sur une pierre tant que notre opposant ne nous avait pas démontré sa victoire sur celle-ci, cette possibilité pouvait parfois espérer nous laisser tirer une carte nous permettant de revenir dans le combat de la dite pierre.

Dans Chicago Poker, ce n'est plus le cas : dès qu'il y a fusillade (qu'un jouer à posé 5 cartes devant un même établissement), chaque joueur joue encore une seule fois pour venir tenter de tirer son épingle du jeu. 

Et là, ça change tout : les bluffs / intimidations pourront prendre effet, se lancer dans des rushs avec des mains moyennement élevées, voir faibles, pourra se révéler efficace sur les établissements où certaines cartes sont posées faces cachées... la gestion de sa main est évidemment importante mais un mauvais tirage ne sera pas nécessairement synonyme de défaite assurée pour peu que vous vous lanciez habilement sur des établissements moins convoités par vos adversaires...

On comprend rapidement une fois dans le jeu les choix que l'on aura à faire et les possibilités en terme de pose et de timing justement. Sans révolutionner profondément le genre, Chicago Poker séduira sans problème les amateurs de ce style de jeu.

Phalanx qui nous avait habitué à d'autres genres nous surprend avec Chicago Poker. En outre, le matériel est de très bonne qualité (carton épais, cartes toilées..), et les illustrations sont vraiment très belles et collent bien je trouve à l'ambiance du Chicago des années 20. Je n'ai pas été surpris de voir qu'il s'agissait des talents d'illustrateur de Czarnè (Meisterdiebe, Marquis ...).

Note 1 : Chicago Poker devrait sortir au plus tard pour Essen 2007... Les règles disponibles ici.
Note 2 : j'espère que les personnes qui s'étaient offusquées contre les balles de Gangster ne vont pas encore faire un flan pour celles de Chicago Poker qui font moins réelles en bois peint en gris...
par Gorthyn publié dans : Premières Impressions
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